Les systèmes de santé en Afrique de l’Ouest sont caractérisés par une forte mortalité et morbidité liées à une insuffisance de personnel, à une faible accessibilité et disponibilité des soins dans un contexte de pauvreté accrue et de grand retard dans l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement lié à la santé (OMD1, OMD4, OMD 5 et OMD6).

Ainsi, l’acuité de la problématique de l’accès aux soins de santé associé à une faible performance de certains indicateurs de santé a amener le Ministère de la santé et de l’hygiène publique de faire de la promotion de la participation des communautés à l’action sanitaire une priorité et une mesure pragmatique de santé publique.

Cette participation des populations à l’action de santé qui constitue l’un des principes fondamentaux proclamés à Alma Ata pour les soins de santé primaires, est une démarche qui s'inscrit dans une structuration sociale, une organisation politique et un système de représentations de la société et de sa santé, qui déterminent les modalités réelles de fonctionnement de cette participation : Elle n’est donc pas automatique.

Cependant, que ce soit dans les documents préparatoires ou dans les rapports d'évaluation des interventions à base communautaire où elle est discutée, la participation communautaire semble aller de soi, c'est-à-dire être à la fois souhaitée et réalisable, sans la mise en œuvre de véritable politique et stratégies d’implication des communautés dans l’action sanitaire.

Ainsi, aujourd’hui la santé communautaire en Côte d’Ivoire (par exemple) est confrontée à des difficultés d’ordre conceptuel (système autonome centré autour d’hôpitaux dirigés par des médecins), institutionnel (cadre règlementaire d’exercice inadapté), financier (activités et motivations), socioculturel, organisationnel, comportemental, qui ont induit des entraves au développement de la participation communautaire au continuum des soins au niveau du système de santé dans la perspective d’une autopromotion sanitaire des populations.

En conséquence, plus de 40 ans après la conférence Alma Ata sur les soins de santé primaires, les activités communautaires paraissent marginales dans le système de santé, et ont été largement laissées aux seules organisations à base communautaire ou ONG avec des pratiques peu coordonnées, souvent sans une stratégie appropriée d’introduction de cette participation communautaire dans les programmes de santé ou avec un appui insuffisant des autorités sanitaires.

Toutefois, depuis une dizaine d’années des efforts d’harmonisation des pratiques de santé communautaire sont mis en œuvre par les autorités sanitaires dont notamment l’élaboration du Document Cadre de mise en Œuvre des Interventions à base Communautaire en Côte d’Ivoire, du Guide national de formation des Agents de Santé Communautaires en Côte d’Ivoire et du plan stratégique de la santé communautaire.

La poursuite de l’effort de consensus devient donc salutaire. Pour ce faire, la Ligue internationale pour l’étude et la promotion de la santé communautaire (LIEPSC) et certaines structures de mise en œuvre (ANADER, ACF, IRC, ICAP, etc) en collaboration avec le Ministère de la santé et de l’hygiène publique ont opté pour l’organisation des 1ères assises régionales sur l’opérationnalisation de la participation communautaire et des TIC à l’action communautaire dans les pays de l’espace CEDEAO.

Il s’agit de l’organisation d’une plateforme d’échanges d’expériences et de concertation (Africa E-IBC Santé 2017) entre acteurs et partenaires du système national de santé concerné par la santé communautaire et les TIC en vue de l’amélioration de l’accessibilité à l’information de qualité sur les prestations curatives, promotionnelles, préventives et de soutien.